Aller au contenu

À l’heure où les transitions climatiques, alimentaires et économiques s’accélèrent, l’agriculture se trouve au cœur de toutes les transformations. Loin de se limiter à un secteur historique, elle devient un champ stratégique d’innovation, de souveraineté et de résilience pour les territoires. À l’approche du Salon de l’Agriculture, ce temps fort national apparaît comme un révélateur des mutations profondes à l’œuvre et des nouvelles opportunités qui s’ouvrent pour construire une agriculture plus performante, plus durable et plus connectée aux réalités territoriales.


L’agriculture constitue l’un des socles les plus profonds de la structuration territoriale française.
Elle façonne l’économie locale, l’aménagement des paysages, l’emploi, la vitalité des bassins de vie et la souveraineté alimentaire.

Dans des territoires comme la Brie Picardie, elle joue un rôle central :

  1. - Premier pourvoyeur d’emplois directs et indirects
  2. – Ancrage des filières agroalimentaires
  3. – Maintien de l’activité dans les zones rurales
  4. – Support des transitions environnementales

L’agriculture irrigue un écosystème complet : coopératives, transformateurs, centres de recherche, établissements de formation, acteurs publics et privés, et désormais un nombre croissant de start-up innovantes.

À l’approche du Salon de l’Agriculture, elle apparaît comme l’un des secteurs les plus stratégiques de l’innovation française, au croisement de la souveraineté, de la transition écologique et de la compétitivité économique.


La période 2015–2025 marque un tournant décisif dans l’histoire récente de l’agriculture. En l’espace de dix ans, le secteur est passé d’un modèle principalement mécanisé à un modèle de plus en plus numérique, piloté par la donnée et orienté vers la performance globale. Cette mutation ne s’est pas faite de manière brutale, mais progressive, sous l’effet combiné de l’innovation technologique, de l’évolution des attentes sociétales et du renforcement.

L’arrivée massive des outils numériques dans les exploitations a profondément modifié les pratiques quotidiennes. Capteurs de sols, stations météo connectées, cartographies intra-parcellaires et plateformes d’aide à la décision ont permis de mieux comprendre le fonctionnement des parcelles, d’anticiper les aléas climatiques et de piloter plus finement les cycles de culture. Cette nouvelle capacité de lecture du vivant a ouvert la voie à une agriculture de précision, où chaque intervention est désormais raisonnée, mesurée et ajustée, avec pour objectif simultané la performance économique et la réduction de l’empreinte environnementale.

Parallèlement, la robotisation progressive des tâches agricoles a contribué à transformer l’organisation du travail. Robots de désherbage, systèmes de traite automatisée et solutions de pulvérisation ciblée ont permis de réduire la pénibilité, d’améliorer la sécurité et de gagner en productivité, tout en répondant à la problématique croissante de la raréfaction de la main-d’œuvre agricole. L’exploitation devient ainsi un espace de production de plus en plus technologique, où l’agriculteur évolue vers un rôle de pilote et de gestionnaire de systèmes.

Cette décennie a également été marquée par une accélération du virage environnemental. La montée en puissance des labels, des certifications et des dispositifs de traçabilité a profondément modifié les chaînes de valeur agricoles. La performance ne se mesure plus uniquement en tonnes produites, mais aussi en qualité, en impact carbone, en respect des ressources naturelles et en transparence vis-à-vis du consommateur. L’agriculture est ainsi entrée dans une ère de responsabilité mesurée, où la donnée devient un outil de preuve, de pilotage et de valorisation économique.

Enfin, cette période a vu émerger les premières structurations de l’écosystème AgriTech. Les start-up ont commencé à jouer un rôle clé dans l’innovation des filières, en apportant des solutions agiles, rapidement déployables et centrées sur les usages réels du terrain. Cette dynamique a posé les bases de l’agriculture augmentée qui s’impose aujourd’hui comme le nouveau standard du secteur.


La décennie qui s’ouvre marque une rupture encore plus profonde. L’agriculture entre dans une ère dite “augmentée”, où la technologie ne vient plus seulement optimiser les pratiques existantes, mais redéfinit les modèles de production eux-mêmes.

L’intelligence artificielle devient progressivement un véritable copilote de l’exploitant. Elle ne se limite plus à fournir des recommandations, mais anticipe les évolutions climatiques, modélise les cycles culturaux, simule des scénarios de production et oriente les décisions agronomiques à moyen et long terme. L’exploitation se transforme ainsi en un système prédictif, capable d’adapter ses pratiques en amont plutôt que de subir les aléas.

Les jumeaux numériques, alimentés par des données satellites, drones et capteurs au sol, permettent de représenter virtuellement chaque parcelle, chaque sol, chaque culture. Cette modélisation ouvre la voie à une agriculture de simulation, dans laquelle les exploitants peuvent tester des itinéraires culturaux, anticiper les risques climatiques ou comparer des stratégies avant même leur mise en œuvre sur le terrain. L’agriculture devient ainsi un secteur de plus en plus piloté par la projection, la prévention et l’optimisation systémique.

Dans le même temps, l’agriculture régénérative s’impose comme un nouveau standard. La restauration de la vie des sols, la captation et la valorisation du carbone, la gestion fine de l’eau et la préservation de la biodiversité ne sont plus de simples engagements environnementaux, mais des leviers économiques à part entière. De nouveaux marchés émergent autour du carbone agricole, de la biodiversité mesurée, de la certification environnementale et de la rémunération des services écosystémiques. L’exploitation agricole devient progressivement un acteur de la transition climatique, producteur à la fois d’alimentation, de carbone stocké et de valeur environnementale.

Enfin, la montée en puissance de l’autonomie des fermes marque une transformation structurelle. Autonomie énergétique via le photovoltaïque, la méthanisation ou les micro-réseaux, autonomie hydrique grâce à la récupération et au pilotage intelligent de l’eau, autonomie décisionnelle grâce aux plateformes de gestion intégrées : la ferme de demain s’apparente de plus en plus à une “smart factory” agricole, résiliente et interconnectée.


L’AgriTech ne constitue plus aujourd’hui un simple segment émergent de l’innovation. Elle est devenue un pilier structurant de la transformation agricole, économique et environnementale des territoires.

Les start-up du secteur ne viennent plus seulement proposer des outils, mais redessinent progressivement les chaînes de valeur agricoles, les modes de production, la relation au vivant et les modèles économiques des exploitations.

Elles introduisent une rupture fondamentale : l’agriculture passe d’un modèle majoritairement empirique à un modèle prédictif, mesuré, piloté et valorisé. Là où l’exploitation agricole était historiquement dépendante des cycles climatiques et des marchés, elle devient un système intelligent capable d’anticiper, de simuler et d’optimiser ses décisions à moyen et long terme. Cette transformation ne se limite pas à la performance économique ; elle touche également la gestion des ressources naturelles, la traçabilité, la transparence et la capacité des territoires à construire leur propre souveraineté alimentaire.

Les start-up AgriTech sont aujourd’hui présentes sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole, depuis la gestion des sols jusqu’à la distribution finale des produits. Elles structurent de nouveaux standards autour du pilotage des cultures, de la robotisation fine, du bio-contrôle, de la valorisation du carbone, de la mesure de la biodiversité et de la traçabilité des filières. En redonnant de la visibilité, de la prévisibilité et de la valeur à l’impact environnemental, elles permettent aux exploitations de transformer leurs contraintes réglementaires en opportunités économiques.

Le territoire devient alors un acteur clé de cette dynamique. C’est à l’échelle locale que les solutions peuvent être testées, adaptées aux réalités agronomiques, climatiques et économiques, puis déployées dans les filières. Les fermes pilotes, les coopératives, les industriels agroalimentaires, les collectivités et les réseaux d’accompagnement créent un environnement unique dans lequel les start-up peuvent sécuriser leurs preuves de concept, accéder à leurs premiers marchés et structurer leur croissance. Le territoire devient ainsi un véritable accélérateur de maturité pour l’innovation agricole.

L’activation de leviers territoriaux structurants est déterminante. La mise à disposition de données locales fiables, la création de terrains d’expérimentation mutualisés, l’accompagnement financier, l’ingénierie de projet, la mise en relation avec les filières et la formation des exploitants à l’usage de ces nouvelles technologies constituent autant de conditions indispensables au passage à l’échelle. Plus ces leviers sont coordonnés, plus la capacité du territoire à produire de l’innovation utile et déployable est forte.

Enfin, au-delà de la performance agricole, l’AgriTech participe à la construction d’une nouvelle souveraineté territoriale. En renforçant l’autonomie énergétique, hydrique et décisionnelle des exploitations, en sécurisant les filières locales et en recréant de la valeur au plus près du terrain, les start-up contribuent à ancrer l’innovation dans l’économie réelle. Elles font du territoire non seulement un lieu de production, mais un espace stratégique de résilience, de compétitivité et de transition durable.


Loin d’un secteur figé, l’agriculture est devenue l’un des champs d’innovation les plus structurants pour l’avenir des territoires. À la croisée de la technologie, de l’environnement et de l’économie, elle porte désormais une part essentielle des réponses aux grandes transitions contemporaines.

Au Village by CA Brie Picardie, cette dynamique ouvre un champ d’opportunités unique pour accompagner les start-up AgriTech, structurer des filières locales innovantes et faire émerger les modèles agricoles de demain. Le Salon de l’Agriculture n’est plus seulement une vitrine : il devient le point de convergence entre tradition, innovation et futur des territoires.


Le Village by CA, c’est le 1er accélérateur de start-up européen, avec un écosystème de plus de 950 partenaires et près de 3000 start-up, pour collaborer avec vous.